Les vertus de la vieillesse, et la trouille qui va avec (ou, une histoire de boîte de nuit)

Photos décidément trop cools, expo MOMA à la Fondation Louis Vuitton
Je ne sais pas exactement par où commencer, comme à mon habitude, ce sont de fugaces impressions qui se mélangent jusqu'à nourrir quelque chose de plus important, qui fait sens et corps dans ma vie.

Tout d'abord, cette citation du très célèbre (et génialissime) Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde :

“Beauty is one of the great facts of the world, like sunlight,or springtime, or the reflection in dark waters of that silver shell we call the moon. You have only a few years in which to live really, perfectly, and fully. When your youth goes, your beauty will go with it, and then you will suddenly discover that there are no triumphs left for you...Time is jealous of you, and wars against your lilies and your roses. You will become sallow, and hollow-cheeked, and dull-eyed...Ah! realise your youth while you have it. Don't squander the gold of your days, listening to the tedious, trying to improve the hopeless, or giving away your life to the ignorant, the common, and the vulgar...Live! Live the wonderful life that is in you! Let nothing be lost upon you. Be always searching for new sensations. Be afraid of nothing...The world belongs to you for a season...how tragic it would be if you were wasted. For there is such a little time that your youth will last. The common hillflowers wither, but they blossom again. The laburnum will be as yellow next June as it is now. In a month there will be purple stars on the clematis, and year after year the green night of its leaves will hold its purple stars. But we never get back our youth. The pulse of joy that beats in us at twenty, becomes sluggish. Our limbs fail, our senses rot. We degenerate into hideous puppets, haunted by the memory of the passions of which we were too much afraid, and the exquisite temptations that we had not the courage to yield to...Youth! Youth! There is absolutely nothing in the world but youth.”

Non mais incroyable ?!

Il y a là tant d'analyses et de philosophie à tirer...

Je ne sais pas si vous avez autant peur de vieillir que moi. Au delà de la crainte de l'enveloppe physique qui flétrie, c'est aussi cette angoisse des possibilités qui se restreignent. Tout est possible à vingt ans, c'est ce qui fait la beauté et la cruauté de cet âge.
Je suis parfois envieuse et à la fois, je crois que je me sens bien dans cette fin de vingtaine. Les études sont finies, la crainte des premiers jobs est envolée, le boulot dans la grosse boîte est trouvé, les évolutions se font. Les moyens financiers se font plus confortables. Je suis finalement là où j'ai toujours souhaité être.
Mais l'horloge biologique est pressante et bien que non prête à enfanter, il faudra y penser un jour. Etre moins égoïste, avoir moins de temps pour soi, dire adieu à une période de sa vie pendant laquelle tout était encore possible.

Il y a cinq ans environ, j'avais passé une soirée en boîte de nuit. L'horreur la plus totale devant ces zouz over-sapée qui se reluquaient d'un air mauvais. Cela m'avait calmée des clubs parisiens à jamais.
Ce n'était pourtant pas l'envie d'aller danser qui manquait.

Ce week-end, afin de fêter l'anniversaire de notre best buddy, nous avons fait la tournée des bars rue Princesse. Nous avons fini aux Planches (tu es autorisé à te marrer comme une baleine et / ou à poser un cierge pour le salut de ma santé mentale). Toujours est-il que j'ai passé une soirée géniale parmi ces compères et complices de gin.
J'ai dansé non-stop pendant trois heures, me déchargeant de tout le stress de ces trois dernières semaines de boulot éreintantes.

Et puis, il y a eu cette constatation des plus étonnantes. J'étais OKLM avec moi-même. Alone sur le dance floor et le podium (parfois), sapée aux antipodes des petites jeunettes, et sans soutif. Et jamais je ne me suis sentie aussi libre. J'étais moi, sans artifices, vivant pour ce que j'étais, pas pour les autres. La liberté en d'autres termes. Une acceptation de soi, profonde et sereine.
Nous avons ri de nous, avec tant de second degré, que cela faisait contraste avec le reste des danseurs, pris de sérieux sous leur frêle prestance.

Alors, finalement, cette prise d'âge qui me faisait tant flipper s'est révélée être une bénédiction. Peut-être même le plus bel âge que l'on puisse rêver d'avoir.

A l'approche de mes trente ans, je vais me faire un malin plaisir à revoir Sex & the City. Vu à 17 et 25 ans, cela m'avait détendue du bulbe et finalement, avait participé à rendre ce processus de vie bien plus zen.
Et puis, soyons yolo, je vais peut-être me faire tatouer une seconde fois (10 ans après le premier). Ce serait une belle façon de commencer cette nouvelle décennie.

Vivement la prochaine sortie en club tiens !

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