27 ans

Prends ton mal en patience et un bon thé / café bien chaud, je te laisse te poser sur mon canapé Ikea moelleux et te prête volontiers mon plaid. Mets toi à l’aise : voici les nouvelles.

Je ne sais plus où j’en étais mais, depuis le retour de Londres, je m’étais finalement décidée à finir mes études. Inscription à Sup de Pub pour un M2, le tout en alternance. Pour mon plus grand plaisir, mon ancienne boîte m’a recontactée et m’a filé le job de mes rêves. S, je te suis tellement reconnaissante..!

L’année à suivi son cours de façon assez tranquille. Mon contrat de travail devait prendre fin le 12 octobre. Et puis, à force d’appeler l’Univers et de lui susurrer des prières dans le creux de l’oreille, j’ai été prolongée de 3 mois. Et l’Univers est un type généreux vois-tu (pour peu que tu lui fasses confiance et que tu sois assez bien élevé pour le remercier), car ma manager directe, S, a été mutée sur une mission en interne jusqu’à fin août. J’ai donc récupéré sa mission et, normalement, un énième CDD qui va me permettre d’avoir un CV de foufou.

J’ai au début flippé, flippé de ne pas être à la hauteur. Et puis, la sérénité venant avec l’âge, je me suis dit qu’il fallait faire un pas à la fois, respirer, et que tout irait bien. Le syndrome de l’imposteur ne s’est pas totalement fait la malle, mais il y a du mieux, surtout lorsque j’entends ma manager me féliciter de ma capacité d’adaptation (du nectar qui coule sur mes oreilles).
Et puis, probablement lié à cette nouvelle avancée dans ma situation professionnelle, il y a eu ce que j’appellerais en toute humilité, ma “révolution intérieure” (rigole, rigole). Ces dernières années, je n’étais pas du tout, du tout, ancrée dans le présent. 

Tiens, reprends donc une tasse de café…

J’ai beaucoup, je crois, donné pour en arriver là ou je suis à cet instant précis. J’avais cette rage de réussir, de prouver que je pouvais dépasser ma condition sociale, mener des études brillantes et avoir un bête de job. Tout cela est devenu une feuille de route, un automatisme. Le tout était d’être ambitieuse,  de se fixer toujours de nouveaux objectifs, de sortir de mes zones de confort. Bref, toujours en train de courir après un truc, cette peur de l’échec, du vide et de la stagnation me collant comme un chewing-gum fraîchement mâché sur la semelle.

Et la satisfaction, n’a jamais été que fugace (obtention du BTS principalement). Préférant vouloir aller plus loin, je ne me suis jamais posée pour contempler les choses accomplies. 

Et pourtant, mon “illumination” m’a fait me rendre compte que je me trouvais précisément là où mes rêves et mes buts de l’époque me projetaient. Là, tu aurais vu la stupeur sur mon visage… T’en aurais ri.

Alors maintenant, tout est limpide, putain, j’aime ma vie. J’aime aller au boulot à pieds, j’aime sentir les pots d’échappement ruiner mes poumons, j’aime presque le fait de suffoquer dans cette vie / ville de fous. Et aussi, j’aime mon N, au point que ça y’est, je n’ai plus de doutes, plus de craintes.

Et là, d’un coup, pouf, je me suis installée dans le présent. C’est cosy, c’est un mélange de lila et de caca de chat, mais ça vaut le coup.

Ouais, parce que, vois-tu. Sur une plaisanterie, nous avons adopté un chat. Il est beau, il fout de la litière partout, il se love tout contre nous, s’amuse à nous mordre (parfois). Mais surtout, voir mon N l’engueuler comme un enfant, bin, ça m’a fait quelque chose. Nous sommes passés de jeune couple-connards- je-vis-au-jour-le-jour à jeune-couple-le-chat-a-une-conjonctivite-au-secours. L’amour, c’est beau.


Tu te doutes bien, on est amoureux.

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