Il est venu le temps… De te dire au revoir

“Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective. Des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà, plus tard on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise dix, vingt, mille fois. Au bout d’un temps cela vous appartient parce qu’on y a vécu.”
L'Auberge Espagnole.

Il y a eu la Bretagne, plutôt par obligation que choix, puis Lille, qui est rapidement devenue trop petite, alors il y a eu Paris, un peu par choix, un peu par nécessité, un peu parce que c'était cliché. Puis il y a eu Londres et plus précisément Tower Hamlets. Londres la magnifique.

Lorsque je suis arrivée, je me suis de suite sentie épanouie, ravie, ruisselante (Prévert et sa magie), comme si je t'avais toujours connue. En même temps que je te découvrais, je découvrais des facettes de moi, méconnues et insoupçonnées.
Je crois que pour la première fois de ma vie, je me suis sentie chez moi, je me trouvais exactement là où je devais être. Lorsque je foulais ton sol après quelques jours en terre parisienne, j'avais cette délicieuse sensation qui m'emplissait, ce sentiment de revenir à la maison.

Et quelle maison ! Peut être la plus sordide qu'il m'ait été donné d'habiter, mais j'ai appris à aimer ses grincements, le “tic tic” de son détecteur de fumée, le bruit de ses visiteurs nocturnes à quatre pattes. Et puis ma colocation et toutes les joies qu'elle m'a apportée.

Ce quartier, le charmant épicier, l'appel à la prière qui résonne, Brick Lane et ses odeurs de cuisine, Whitechapel Road et ses shops de tissus de mille couleurs, Bethnal Green et son English Breakfast de la mort qui tue. Tant de souvenirs et d'impressions qui emplissent mon coeur.

Et maintenant, ces sentiments qui me traversent.

J'ai changé, je me surprends à passer des entretiens avec une détermination et une confiance toute nouvelle (n'ayant pas l'habitude, il va me falloir l'intégrer et l'accepter). Et puis ma vision de la vie, des gens, de la beauté qui nous entoure… Ce n'est pas un nouveau Moi, mais un Moi qui a changé, qui a évolué et qui demande de la nouveauté et de la découverte. Un bagage plus solide, un esprit libéré et débarrassé de tous ses tracas.

Cette volonté de découvrir le monde, de partir à l'aventure dans de nouvelles contrées si cela se présente un jour (VIE ?).
Je n'ai aucun regret, ni même celui de ne pas avoir pu rester ici. Tant d'aventures m'attendent encore. J'ai profité de cette parenthèse, j'ai pris tout ce que je pouvais prendre, je suis fière de moi et porte enfin un regard un peu plus tendre envers moi-même.

Mais il n'est pas encore venu le temps du bilan, il me reste encore quelques semaines avant de plier bagage… À moi les burgers, les English breakfast, BBC replay, les 1000 accents différents dans la rue, les promenades dans le quartier…
East London, I love ya.

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