Leçon d’humilité


J’ai eu la chance de passer trois semaines dans une usine du nord de la France, dans le cadre du parcours d’intégration de mon nouveau job. Trois semaines à travailler en tant qu’opératrice dans l’usine.
J'ai travaillé dans un service de retouche de pièces, qui comprend une petite dizaine d'hommes. Ils voulaient une femme car "les femmes sont plus minutieuses et soignées". J'ai été frappé par leur gentillesse et leur bienveillance (que ce soit entre eux ou vis-à-vis de la bleue que je suis). Ils sont drôles, fins, parfois un peu bourrus, ont des gueules, des vraies. C'est simple, ils forment une famille et ouvrent grand leurs bras aux petits nouveaux. C'est délicieux de les entendre se vanner, de les voir se faire la bise, ou encore préparer le prochain restau (en novembre, je crois que cela tend vers un couscous).
J'ai beaucoup de tendresse pour eux.
Pour le reste, l'usine est une grosse machine... Le bruit assourdissant, les klaxons des caristes, les odeurs... Au début cela m'a glacé le sang, m'a presque donné envie de devenir activiste pour l'environnement. Et puis, doucement mais sûrement, on se fait à cet univers et on se met à vivre au rythme des sonneries (surtout avec son téléphone dans les vestiaires, toute notion du temps est perdue), ainsi que des pauses (7, 5 et 20 minutes). Et puis on arrive un peu plus tôt le matin (05h30) pour avoir l'occasion de prendre un café tous ensemble.
Et puis l'usine, et mes joyeux lurons, c'est aussi une grande leçon d'humilité... De les voir vivre chichement (mais avec cette générosité du coeur), j'ai presque honte d'être aussi matérialise et futile.
José, Fabrice, Fred, Christian, Patrick, David, je vous suis infiniment reconnaissante pour ces jours précieux passés en votre compagnie. Ce fut un véritable instant de grâce. Mes larmes (chaudes larmes de crocodile) versées tout au long de la chaîne lors de mon départ auront été sincères.
Je ferai honneur à votre demande : rester gentille, rester ouverte, rester disponible.



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